Valérie  R. (Mai 2007)

 

Le  2 mars 2007, j’ai perdu mon fils Mathieu de 4 ans et demi : il s’est noyé.

Nous habitions en location dans une copropriété à Mougins dans le Sud de la France où il y avait une piscine dont la barrière n’est pas conforme car cette barrière ne ferme pas : il suffisait de la pousser.

Nous devions déménager le 14 mars pour remonter en Région Parisienne.

Cet après-midi, j’avais couché son petit frère Enzo et Mathieu jouait sur la terrasse comme d’habitude et il rentrait et sortait, pendant que je faisais du tri pour le déménagement. Et quand son frère s’est réveillé, j’ai commencé à m’inquiéter, je suis sortie dehors, je l’ai appelé mais personne ne répondait, j’ai couru dans les escaliers, j’ai vu la porte de la piscine ouverte, sa trottinette vers la piscine. Je savais qu’il s’était passé quelque chose de grave.
J’ai vu le corps de Mathieu dans l’eau, je l’ai sorti de la piscine, j’ai hurlé pour que quelqu’un m’entende. Les gendarmes et les pompiers sont venus très rapidement.
Mais au bout de 2 heures de massage cardiaque, son cœur n’est jamais reparti.

Je me sens toujours coupable et c’est très dur de voir son enfant dans la piscine et de le sortir, de voir son visage et de se dire qu’il était déjà mort.
Il me manque tellement ! Je pense à lui tous les jours et ce sont des moments très difficiles car on se sent anéanti et il faut pourtant survivre pour notre Enzo qui va avoir deux ans.
Une partie de moi est partie avec lui. J’ai beaucoup de mal à remonter la pente.
Je ne sais pas pourquoi il est allé en bas vers la piscine. On suppose qu’il a dû faire de la trottinette autour de la piscine et qu’il a perdu l’équilibre, qu’il s’est cogné la tête en tombant car il avait une éraflure sur le haut de la tête.

De plus les assurances, suite aux expertises et contre-expertises, nous ont dit que le dossier va en justice, et nous avons porté plainte auprès de la gendarmerie.

La personne qui vient nettoyer la piscine m’a dit qu’il avait envoyé un devis à la propriétaire et qu’elle lui avait adressé un courrier selon lequel elle ne changerait pas la barrière… La gendarmerie en a une copie.

Je vous demande de nous aider moralement et juridiquement, car nous ne sommes pas armés pour nous battre.
Cela sera une épreuve terrible d’aller au tribunal et il n’y a rien de pire que de perdre un enfant.

 

 

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