Christine R (Juillet 2003)

 

Cela a fait 5 ans ce dimanche 20 juillet que notre petit Valentin, 2 ans et demi, s'est noyé dans la piscine privée de la maison que des amis nous prêtaient depuis plusieurs années. Nous étions conscients des risques : pas question de répondre au téléphone, nous enlevions tous les jouets qui flottaient, etc... Nous lui mettions des brassards à longueur de journée, qu'il prenait un malin plaisir à enlever ! Nous avions même investi dans un maillot de bain 1 pièce avec bouées intégrées ! Mais il ne le supportait pas.
Quand il faisait la sieste, nous fermions à clé toutes les portes qui donnaient accès à la piscine, au cas où il se serait levé tout seul et que nous ne l'entendions pas (la maison est très grande). Vous voyez, on pensait être à l'abri d'un tel drame.

Ce jour-là, il était 20 h, mon mari l'avait déjà rattrapé alors qu'il se dirigeait vers la piscine. Nous allions manger, et nous attendions ma mère qui revenait d'une promenade. Quand elle est arrivée, tout le monde s'est dirigé vers elle. On suppose que Valentin, voyant que nous parlions, en a profité pour aller à la piscine comme il avait voulu le faire plus tôt, mais que nous l'en avions dissuadé. C'est ma mère qui s'est étonnée qu'il ne vienne pas lui dire bonjour. Nous l'avons tous cherché (nous étions 4 adultes et 1 enfant de 7 ans et demi), mon mari a été tout de suite à la piscine mais ne l'a pas vu autour. Au bout de 2 ou 3 minutes (je ne sais plus très bien, dans ces moments-là, le temps paraît une éternité) j'ai eu un mauvais pressentiment et je suis retournée à la piscine... Il était là, tout au fond. J'ai crié, puis plongé, mais je n'arrivais pas à le remonter, c'est mon mari qui a réussi à le hisser au bord. J'ai essayé de le réanimer (je suis aide-soignante) mais je paniquais. Ma mère a aussitôt prévenu les pompiers qui sont arrivés avec un hélicoptère. Entretemps, un voisin alerté par mes hurlements est venu essayer de le réanimer. Les pompiers, à leur arrivée, ont bien sûr tout tenté, en vain. Le médecin nous a dit qu'à cet âge-là, il suffisait d'une minute pour se noyer et que, même s'ils l'avaient réanimé, Valentin aurait eu de graves séquelles.

Et l'horreur commence : l'annonce aux familles, l'absence, les démarches aux pompes funèbres, le retour sur Paris sans lui et ce sentiment d'abandon qui s'ajoute à la culpabilité, l'enterrement, et puis le vide immense. L'envie de tout arrêter là, tellement la douleur est insupportable. Mais heureusement, la vie est plus forte car il y a Nicolas, le grand frère qui a besoin qu'on s'occupe de lui.
Et puis le bonheur à nouveau avec Etienne, qui naît en Décembre 1999.
Mais chaque Noël, anniversaire, rentrée scolaire et Saint-Valentin, la cicatrice s'ouvre.
Il ya très longtemps que je voulais vous contacter, parler à quelqu'un qui est passé par là. Les gens sont toujours très gentils mais ils ne peuvent imaginer ce que l'on endure.
Merci de votre combat.

 

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