Arnaud F. (Octobre 2005)

 

A Coudalère, près de Barcarès (66).
Août 91.

Mon épouse et moi passons une belle après-midi sur cette plage au bord d’un étang marin. Nos deux « grands », Véronique, 4 ans, et Pierre, 3 ans, jouent avec une balle rouge sous la surveillance de mon épouse et moi, je « garde » Anne-Sophie, 11 mois, pour qui on a creusé une baignoire dans le sable pour qu’elle ne soit pas tentée par la mer. J’ai un tempérament d’anxieux, je suis vigilant : pas de sieste, je suis immobile, je garde Anne-Sophie.

Je décide de faire quelques photos des « grands », je m’éloigne d’une dizaine de mètres avec mon tout nouvel appareil.

2 photos. Mon épouse crie : « On nous a volé Anne-Sophie ! » Je ne le sais pas encore, mais le compteur déjà tourne.
Je cherche sur le parking une voiture qui partirait : rien.
Vers la « baignoire » : rien.
Je sais que ce n’est pas dans cette direction qu’il faut chercher et je vois à 1,50 m du sable le maillot qui oscille dans l’eau calme, totalement immergé et immobile.
Mes jambes refusent le mouvement pendant une fraction de seconde, puis je bondis « ramasser » la miraculée qui ne le doit qu’à son trop jeune âge : elle est restée en apnée et a d’ailleurs crié comme un nouveau-né.

J’ai longtemps eu des cauchemars sur la version sinistre de la suite.
Nous avons encore aujourd’hui un regard différent sur cette enfant.
Toutes les photos prises avec ce maillot de bains nous font peur.

Avec mes salutations et encouragements.

Fermer la fenêtre